Mis à jour le 26 mars 2007
[Précédent: Les points noirs du logiciel libre aujourd'hui] [Table: Coup d'oeil sur Tuxware] [Suivant: Comment rendre mon application Tuxware ?]
Si vous voulez élargir vos horizons et décupler votre efficacité sur ordinateur tout en vous amusant, faites le pas vers GNU/Linux et le monde du logiciel libre.
Ce n'est pas un scoop, mais c'est tous les jours plus vrai.
Le scoop par contre le voici :
- vous pouvez obtenir une assistance personnelle ciblée sur des applications GNU/Linux.
- vous pouvez gagner de l'argent en distribuant des applications GNU/Linux.
- vous pouvez gagner de l'argent en développant des applications GNU/Linux.
"Windows n'est pas un système d'exploitation, c'est un outil générateur de profits. Pour réussir, Linux aussi doit permettre à des tiers de gagner de l'argent."
-- posté le 25 janvier 2006 à 11:34 par Chris sur » Blog Archive » Hello World...This is Linux. (ma traduction)
"Liberté des logiciels ne signifie pas nécessairement gratuité."
-- Licence Publique Générale GNU Version 2 (adaptation française non officielle), juin 1991.
Etat des lieux
Cela fait plus d'une décennie que la plupart des utilisateurs d'ordinateur subissent un monopole de facto relativement à leur système d'exploitation. Tout a été dit sur cette situation, qui s'est mise en place avec la participation plus ou moins directe de presque tous les fabricants de matériel et éditeurs de logiciels. Si ce monopole, aberrant à bien des égards, peut perdurer, c'est essentiellement dû à l'imbrication de nombreux intérêts financiers, jointe à l'ignorance savamment entretenue de la masse des utilisateurs. La plupart d'entre eux ne savent même pas qu'il font cadeau d'environ 100 dollars à Microsoft chaque fois qu'ils changent d'ordinateur, par un processus aussi discret que quasiment incontournable, et qui ressemble fort à de la vente forcée.
Pendant ce temps, l'émergence du noyau (kernel) Linux a donné sa pleine mesure à la philosophie GNU du logiciel libre. Une pléthore d'applications, librairies et pilotes de périphériques libres de haute qualité est aujourd'hui disponible pour les divers systèmes d'exploitation dérivés de Unix, dont évidemment Linux. La philosophie GNU est la clé de voûte de la qualité d'ensemble, car elle permet aux développeurs de partager des routines éprouvées et optimisées, plutôt que de réinventer la roue chacun de son côté avec plus ou moins de bonheur, comme doivent le faire les programmeurs Windows, qui n'ont pas accès au code source des applications ni du système.
La plupart des fabricants de matériel informatique ne se sont jamais préoccupés de fournir des pilotes pour leurs périphériques, car la base d'utilisateurs Linux a toujours été (et reste encore aujourd'hui en 2007) considérée comme marginale. De plus, nombreux sont ceux qui craignent les mesures de rétorsion commerciale menées par Microsoft. Malgré cela, de nombreux passionnés totalement bénévoles ont mené à bien d'incroyables entreprises de désingénierie et fourni des pilotes Linux parfaitement fonctionnels pour la quasi-totalité du matériel qu'on trouve aujourd'hui sur le marché.
De tels exploits sont accomplis quotidiennement sans que personne n'en soit rémunéré. Essayons maintenant d'imaginer ce que pourraient faire tous ces créateurs talentueux s'ils parvenaient à tirer quelque argent de leur efforts. Ils pourraient peut-être commencer à travailler à temps partiel, et même un jour quitter un emploi ennuyeux pour travailler sur du logiciel libre, plutôt que de prendre sans compter sur leur temps libre, au détriment d'autres activités sociales ou sportives. Ils pourraient alors se consacrer à des projets d'envergure, de nature à révolutionner l'idée que la plupart d'entre nous ont de ce que peut faire un ordinateur.
Pourquoi faut-il faire quelque chose maintenant ?
- Si le logiciel libre issu de la planète GNU a marqué des points importants ces dernières années, (p.ex. Mozilla Firefox et Thunderbird, OpenOffice.org) cela ne signifie en aucune façon que GNU/Linux va bientôt hériter d'une part conséquente de la base des utilisateurs d'ordinateurs personnels. De part la loi du nombre, les succès de ces remarquables logiciels libres sont remportés essentiellement au royaume du logiciel captif : Windows...
- On constate aujourd'hui chez certains défenseurs du logiciel libre de la satisfaction motivée par le fait que GNU/Linux a pu dans une certaine mesure faire un bout de chemin dans le monde des affaires, ou vrai monde. En effet des développeurs sont couramment employés pour maintenir ou personnaliser des projets de logiciel libre (du moins libre à l'origine, vu que la GPL permet de ne pas divulguer des développements sur base libre s'ils restent réservés à l'usage interne de l'entreprise). De fait la plupart des entreprises qui soutiennent ou utilisent GNU/Linux subordonnent sans état d'âme l'éthique et la cohérence aux bénéfices immédiats. Au cours de l'été 2005 par exemple, Trolltech a sorti sa version libre de Qt4 pour l'anti-libre archétypal Windows, permettant ainsi aux jeunes développeurs de rester captifs de Microsoft. Les ingénieurs de chez Google pour leur part utilisent des systèmes GNU/Linux pour mettre au point des logiciels fantastiques, mais qui jusqu'il y a peu tournaient sur Windows seulement. Félicitons Google pour la nouvelle version de GoogleEarth qui tourne sous Linux (juin 2006).
- NTFS, le système de fichiers utilisé par XP, commence à peine à être utilisable en écriture depuis Linux. Du reste, qui empêchera Microsoft de tirer parti de sa position dominante pour sortir de nouvelles fonctionnalités élaborées dans le but de maintenir et d'élargir la fracture. Y aura-t-il toujours des mordus de programmation pour sacrifier une part énorme de leur temps libre, de leur énergie et de leur créativité à de telles quêtes dont on leur refuse les clés pour des raisons mercantiles, alors qu'ils seraient capables de mener à bien des projets réellement innovants qui feraient pâlir bien des gens dans les usines à software ?
- Enfin, on doit noter que le nombre d'utilisateurs de GNU/Linux semble aujourd'hui stagner (cf http://www.linuxcounter.com).
Il est aujourd'hui facile de régler de petites sommes via Internet. Une politique de rétribution est donc possible, pour encore plus d'investissement personnel et des résultats spectaculaires.
Le plan Tuxware côté développeur
On ne touche pas à la GPL, mais on permet à l'utilisateur d'enregistrer l'application pour une somme modeste. Ceci donne droit à un support email personnalisé ainsi qu'à une rétribution pour chaque nouvel utilisateur de l'application. La moitié du montant de l'enregistrement est reversé à l'utilisateur enregistré qui est cité comme parrain par un nouvel utilisateur qui s'enregistre. Il n'y a pas de limite au nombre de recrues que peut parrainer un utilisateur enregistré, si ce n'est sa capacité à assurer le support par email.
Le plan Tuxware côté utilisateur
Enregistrez les applications que vous utilisez et appréciez le plus. Parlez-en aux utilisateurs de GNU/Linux que vous rencontrez. Ne considérez pas comme perdus les utilisateurs de Windows, mais au contraire expliquez-leur comment ils sont abusés. Faites-leur savoir qu'eux aussi peuvent gagner de l'argent rien qu'en parlant de leurs applications favorites.
Les avantages du plan Tuxware
- Le plan Tuxware exploite la puissance d'un processus exponentiel sans pénaliser personne. Même ceux qui ont enregistré une application sans jamais essayer de trouver de nouveaux utilisateurs ne sont nullement lésés : ils ont la garantie d'un support email compétent, car émanant d'utilisateurs enthousiastes de cette même application. De plus, ils n'ont dépensé typiquement qu'une petite fraction de ce qu'ils auraient payé pour une version unique d'une application Windows équivalente en code propriétaire avec des conditions de support très variables.
- Le plan Tuxware possède un aspect social, car il peut motiver des personnes différentes, non seulement ceux qui peuvent se permettre de travailler pour la gloire, mais aussi les moins favorisés, ceux par exemple qui doivent travailler pour payer leurs études, et plus généralement toutes les personnes qui ont un talent et du temps libre, quel que soit leur lieu de résidence.
- L'utilisateur enregistré aura le droit de chercher des recrues comme bon lui semblera, par le biais d'Internet, en parlant à ses amis et relations ou en organisant des réunions Tuxware ;-). Il sera peut-être déjà satisfait de disposer pour une somme modique d'une application avec son code source, un support personnalisé et des mises à jour sans restriction. Il sera peut-être ravi de participer à une communauté visant à éduquer les gens plutôt qu'à les traiter en incapables et à exploiter leur ignorance. Le support devrait en règle générale être assuré par le sponsor direct, exceptionnellement plus haut dans l'arbre en cas de difficulté ou de bogue.
- Sur la base de ces principes, des méthodes plus élaborées pourront être mises en oeuvre par la suite au niveau de l'ensemble de la communauté GNU/Linux. On pourrait ainsi envisager de rémunérer non seulement les développeurs d'applications et ceux qui leur apportent de nouveaux utilisateurs, mais aussi les développeurs du noyau ou de librairies de base, les traqueurs de bogues, les rédacteurs de documentation ou de contenu encyclopédique, les traducteurs, etc.
Pour résumer, nous avons 4 clés pour arriver au succès :
- Un processus de propagation qui s'auto-alimente.
- La motivation individuelle.
- La communication et l'aspect ludique.
- Des opportunités pour chacun.
Quelques liens relatifs au soutien à GNU/Linux:
- Infos sur les licences de la Fondation pour le Logiciel Libre
- Lobby4Linux - weBLog (en anglais)
- Article du Guardian sur la propriété des idées (en anglais).
- Article sur Linux et l'argent, par John Murray
- FAQ de la GPL
- Article de Tristan Nitot (parmi beaucoup d'autres intéressants sur Standblog)
- Faut-il passer au logiciel libre ? Comparaison raisonnée.
- Une compagnie renonce à la GPL pour un logiciel populaire (en anglais).
[Précédent: Les points noirs du logiciel libre aujourd'hui] [Table: Coup d'oeil sur Tuxware] [Suivant: Comment rendre mon application Tuxware ?]
Copyright © 2006 Alexandre Oberlin
Verbatim copying and distribution of this entire article is permitted in any medium, provided this notice and the date are preserved.
La reproduction exacte et la distribution intégrale de cet article est permise sur n'importe quel support, pourvu que cette notice et la date soient préservées.